ABC du recyclage

Vous vous informez sur la thématique du recyclage ou de l'économie circulaire et butez régulièrement sur des termes que vous ne comprenez pas ou dont vous n'êtes pas certain(e) de comprendre la signification? Dans notre glossaire du recyclage, nous vous expliquons les notions essentielles du recyclage et de l'économie circulaire ainsi que certains anglicismes en usage dans ces secteurs.

Bioplastique, biomatériau, matériaux biodégradables

Les matériaux biodégradables – aussi appelés bioplastiques – sont des matériaux qui peu-vent être dégradés entièrement par les micro-organismes présents dans la nature et trans-formés en eau, en dioxyde de carbone et en biomasse. Selon la définition, il importe donc peu qu’ils soient fabriqués à partir de ressources renouvelables ou non renouvelables, c’est-à-dire fossiles. Ces matériaux sont toutefois le plus souvent produits à partir de cellulose, de fibres de canne à sucre et de feuilles de palmier ou encore d’amidon végétal. (Source: OFEV)

Les plastiques biodégradables, les bioproduits et les plastiques oxo-biodégradables sont sou-vent confondus les uns avec les autres et généralement désignés sous le terme de «bioplas-tiques» dans le langage courant. Cependant, ils présentent des caractéristiques différentes. Dans la désignation du produit, il y a lieu de faire la différence entre les caractéristiques du produit liées à la valorisation (biodégradable, compostable, fermentescible) et celles liées aux ressources (issu de ressources ou de matières premières renouvelables). Informations com-plémentaires dans la fiche technique de l’OFEV (fiche technique de l’OFEV sur les matières plastiques dans l’environnement)

«Pour le bilan écologique, la fabrication est déterminante, le bénéfice écologique lié au compostage est le plus souvent insignifiant.» (OFEV 2020) (BAFU 2020)

Tabelle Biokunststoffe BAFU
Tabelle Biokunststoffe BAFU

Weitere Informationen auf der Website der Drehscheibe zu alternativen Materialien (Link) oder des BAFU (Link).

Circuits fermés, recyclage

À l’issue du processus de recyclage, la matière première secondaire est réutilisée dans le même produit. Il s’agirait par exemple d’une bouteille à boisson en PET dont la matière recy-clée est retransformée en bouteille à boisson en PET. La qualité de la matière recyclée doit à cet égard répondre aux exigences en matière de qualité du produit original. Au départ, il est donc important qu’un produit / un emballage soit conçu de manière à ce qu’il puisse s’insérer dans un circuit fermé.

Les circuits fermés (utilisation au sein du même produit) s’opposent aux circuits ouverts (utili-sation dans d’autres produits). Pour construire une économie circulaire durable, les possibili-tés doivent être comparées au moyen de bilans écologiques et intégrées dans l’élaboration de la stratégie.

Closed-loop / circuit fermé

Suite au processus de recyclage, les matières premières secondaires sont réutilisées pour le même produit. Un exemple: une bouteille à boissons en PET, dont le matériau recyclé est utilisé pour produire une nouvelle bouteille à boissons en PET. La qualité des matériaux recyclés doit répondre aux mêmes exigences de qualité que le produit original. Il faut distinguer les circuits fermés des circuits ouverts. 

Collecte sélective séparée (en opposition à la collecte sélective mixte)

Les fractions peuvent être collectées séparément (individuellement) ou ensemble. L’aluminium et la tôle d’acier peuvent sans autre être collectées ensemble, par exemple.

Combustible de substitution ou combustible dérivé des déchets (CDD)

aussi combustible secondaire
Extraits de déchets, les combustibles de type CDD sont en mesure de remplacer, du moins en partie, les autres combustibles dans certaines installations. Il s’agit, ici, d’une valorisation thermique des déchets. Les CDD sont généralement à base de plastique, mais aussi d’huile usagée ou d’autres déchets (industriels). Il peut s’agir de déchets solides, liquides ou gazeux.
Les CDD sont surtout utilisés dans les cimenteries, les centrales au lignite, les centrales industrielles ainsi que dans les usines d’incinération des déchets.

Contamination croisée

Apport de substances indésirables/nocives ou de saleté par la collecte mixte.

Convenience

Terme anglais évoquant ce qui est commode, confortable.
En matière de recyclage, la notion de «convenience» signifie que le recyclage et la collecte sélective doivent se dérouler le plus simplement possible. Concrètement, la collecte peut par exemple s’effectuer selon le principe du «single stream» ou du porte-à-porte.

Corps creux

Contenants tels que bouteilles en plastique, boîtes en aluminium ou en tôle, briques pour boissons, etc.

Déchets

Dans la loi fédérale sur la protection de l’environnement, les déchets sont définis comme des «choses meubles dont le détenteur se défait ou dont l’élimination est commandée par l’intérêt public» (LPE, art. 7, al. 6)

En Suisse, 80 à 90 millions de tonnes de déchets sont produits chaque année, dont la majeure partie est composée de matériaux d’excavation, de déblai et de déconstruction non pollués. Du fait de son niveau de vie élevé, la Suisse affiche, avec 716 kilos de déchets par personne, l’une des productions de déchets urbains les plus élevées au monde.

Sur un total de 80 à 90 millions de tonnes de déchets, plus des deux tiers (environ 68%) des matières premières sont déjà réinjectées dans le circuit économique. (Source: OFEV)

Design for Recycling (DfR) ou design favorable au recyclage

La conception pour le recyclage est une approche selon laquelle les développeurs de produits et les fabricants conçoivent leurs produits de manière à ce qu’ils soient recyclables. Cela im-plique que les produits puissent être recyclés facilement, économiquement et en tirant au maximum parti de la technologie existante sans pertes de matières importantes. Pureté de la fraction, mais aussi possibilités de démontage et de réparation sont des propriétés caractéri-sant une bonne conception pour le recyclage.

La conception pour le recyclage est un sous-domaine de l’écoconception. L’écoconception, ou conception circulaire, va au-delà du recyclage. Il s’agit d’une approche qui intègre de manière systématique et dès le début des réflexions écologiques dans la planification, le développe-ment et la conception de produits. À cet égard, des aspects tels que la consommation éner-gétique, les additifs utilisés (polluants), la réparabilité, la qualité des matières premières se-condaires ou, de manière générale, la prolongation du cycle de vie, jouent un rôle important.

Dans notre fiche technique, vous trouverez des informations complémentaires et des recommandations concernant la conception pour le recyclage.

Voir aussi Recyclabilité

Down-Cycling*

Ce processus permet de tirer un produit d’un autre, dont les caractéristiques sont moins bonnes que celles du premier. La dépréciation peut porter sur la qualité matérielle ou technique ou sur la valeur monétaire du produit. (Up-Cycling)

*En raison des divers points de vue possibles, Swiss Recycling déconseille d’utiliser les notions d’upcycling et de downcycling. Si ces termes sont tout de même employés, il est nécessaire de préciser à quoi fait référence l’upcycling ou le downcycling.

Efficacité, efficacité des ressources

L’efficacité est axée sur la productivité des ressources, donc sur l’amélioration de la relation entre les ressources naturelles utilisées et le bénéfice induit par celles-ci sous la forme d’un produit fabriqué ou d’un service fourni. Dans le contexte de l’économie circulaire, il s’agit en particulier de la diminution du recours aux matières premières primaires.

En principe, une efficacité plus élevée est un objectif souhaitable, mais dans la pratique, il convient également de tenir compte des effets rebond et des conflits d’objectifs.

Energie grise

Il s’agit de la quantité d’énergie nécessaire à la production, au transport, à l’entreposage et à la vente d’un produit. L’énergie grise est détruite par l’incinération.

Modèles commerciaux

À côté du modèle de vente linéaire qui domine actuellement, certains modèles commerciaux permettent à l’entreprise d’internaliser des parties supplémentaires de la chaîne de création de valeur et, partant, la valeur ajoutée de l’économie circulaire. Il existe des approches pro-metteuses à cet égard (Takacs et al. 2020):

  • Gestion en circuit fermé: p. ex. via la réutilisation ou la modularisation, les déchets étant considérés comme intrants (circularité) selon des aspects écologiques, économiques et sociaux
  • Optimisation du circuit: p. ex. via l’optimisation de la durée de vie, la réparabilité, l’utilisation d’éco-matériaux, la production à la demande, le recours aux énergies renou-velables
  • Monétarisation du circuit: p. ex. via la location / le leasing, les systèmes produits-services (SPS), les abonnements, le paiement à l’utilisation («pay-per-use»), le crowdfunding, les procédures de retour
  • Excitation du circuit: p. ex. via des modèles de prosommateurs, la communication sur la responsabilité, le partage

Plan d’action pour l’économie circulaire en Europe

Le nouveau plan d’action pour l’économie circulaire a été adopté en mars 2020.

Sur la base des travaux entamés en 2015, il se concentre sur les aspects de la conception et de la production dans le cadre d’une économie circulaire, dans l’objectif que les ressources utilisées restent autant que possible dans l’économie européenne. Le plan et les initiatives associées ont été élaborés en étroite collaboration avec les entreprises et les parties pre-nantes.

Le plan d’action contient les mesures suivantes:

  • Produits durables en tant que norme au sein de l’Union européenne (dispositions législatives concernant la prolongation de la durée de vie, la facilité de réutilisation, la réparabilité, le recyclage, l’augmentation de la part de matière recyclée)
  • Renforcement de la position du consommateur (p. ex. via l’accès à des informations sur la réparabilité)
  • Concentration sur des branches dans lesquelles la plupart des ressources sont utilisées et présentant un potentiel de circuit élevé (électronique et TIC, batteries et véhicules, emballages, plastiques, bâtiment et construction, denrées alimentaires)
  • Prévention des déchets

Plus d’informations ici ici.

Recyclage chimique – Hydrogénation

De manière générale, l’hydrogénation est une réaction chimique consistant en l’addition d’une molécule d’hydrogène (H2). Sous l’effet de pressions (jusqu’à 300 bars) et de températures (jusqu’à 500ºC) élevées, il est en principe possible que les composés organiques (aussi polymères à longues chaînes d’hydrocarbures) permettent d’obtenir des produits présentant des chaînes plus courtes. Dans le cas des polymères (plastiques), leur taille peut même aller jusqu’à celle d’une molécule de monomère. Ce procédé est aussi appelé scission hydrogénante. Les procédés de recyclage chimiques ne sont pas encore très répandus. Au vu des développements en cours, leur utilisation pourrait toutefois s’étendre, aussi en Europe. Les procédés de recyclage chimiques conviennent à la fois aux fractions de plastiques collectées séparément (fractions pures) et aux fractions de plastique mélangées.

Recyclage "Feedstock"

La notion de recyclage «feedstock» porte sur les procédés travaillant aussi avec des températures et des pressions élevées (souvent aussi dans des atmosphères sans oxygène et éventuellement à l’aide de catalyseurs). Les produits ainsi obtenus sont des matières pétrochimiques de base comme des huiles ou des gaz. Ces procédés de recyclage sont, pour l’essentiel, utilisés pour les fractions de plastiques mélangés. Les procédés chimiques et «feedstock» entrent tous dans la catégorie des processus de valorisation des matières premières.

Responsabilité élargie du producteur (REP)

La responsabilité élargie du producteur (REP) repose sur le principe de causalité. À cet égard, le producteur du déchet assume les coûts en internalisant les coûts externes. L’objectif de cette approche est d’étendre la responsabilité du producteur au-delà de l’utilisation effective du produit. Cette responsabilité comprend tant la production en amont que la valorisation en aval. L’objectif principal est d’induire des optimisations, par exemple au niveau de la concep-tion du produit, en mettant l’accent sur la responsabilité individuelle.

Cela exige une collaboration tout au long de la chaîne de création de valeur. La plateforme joue le rôle de plaque tournante pour une telle collaboration – vous trouverez ici des informations complémentaires sur le partenariat .

Les membres de Swiss Recycling sont des gestionnaires de systèmes de recyclage (la plupart du temps) volontaires qui sont financés par une taxe anticipée de recyclage.

Ressources renouvelables

Énergie et matières premières issues de sources renouvelables. Le concept d’économie circulaire est fondé sur des énergies renouvelables et des ressources durables. Voir aussi matières permanentes .

Sac mixte

Il s’agit d’un sac destiné à la collecte commune de différentes fractions. Ce terme s’applique en particulier aux sacs destinés à la collecte du plastique, où l’on trouve des produits en plastique de types variés, séparés lors d’une étape de traitement ultérieure.

Collecte porte-à-porte et par apport volontaire

Une collecte porte-à-porte se distingue d'une collecte par apport volontaire dans la mesure où la commune ou une organisation vient chercher les matières valorisables ou les déchets au domicile de la population ou sur le bord de la route (comme c'est par exemple le cas de la collecte du papier et du carton dans bon nombre de communes). Dans le cas d’une collecte par apport volontaire, les habitants amènent eux-mêmes les matières valorisables au centre de collecte (p. ex. collecte du verre).

Chiffres indicateurs / mesures

La mesure de l’économie circulaire doit être globale et comprendre les différents aspects de la durabilité écologique, économique et sociale. Par conséquent, le système d’indicateurs / tableau de bord prospectif 2030 représente l’économie des déchets urbains et des matières premières de Suisse dans son ensemble et tient compte des aspects écologiques, écono-miques et sociaux dans leurs relations mutuelles.

Le plan pour l’économie circulaire en Europe vise également une création de valeur maximale et l’utilisation des matières premières, des produits et des déchets dans leur intégralité. À cet égard, il mise avant tout sur une augmentation de la part des fractions revalorisables telles que le verre, l’aluminium, les déchets alimentaires et les déchets urbains en général. Cet ob-jectif purement chiffré ne tient pas compte, dans certains cas, d’autres aspects tels que la pertinence économique et écologique.

Or un tableau de bord prospectif complet va au-delà des chiffres. Il relie les principaux indicateurs en un ensemble équilibré.

Pour de plus amples informations sur le système d’indicateurs/tableau de bord prospectif, rendez-vous ici.

Économie circulaire

Dans l’économie circulaire, les ressources sont gérées au sein de circuits énergétiques et de matériaux qui sont les plus fermés possibles. Il s’agit d’un système régénératif qui vise l’élimination des déchets via la conception des matériaux, produits, modèles commerciaux et processus, la réduction au minimum de la demande de matières premières primaires et la circulation des produits et matériaux par des voies diverses (réutilisation, réparation ou recy-clage).

Criticité (des matières premières)

Il existe des matières premières pour lesquelles il est particulièrement important de fermer le cycle des matériaux. Il s’agit des matières premières dites critiques. D’une part, la disponibilité de ces matières premières est réduite, ce qui recèle un risque en matière d’approvisionnement. Des facteurs géopolitiques, sociaux ou écologiques ont une incidence à cet égard. D’autre part, l’importance stratégique ou la pertinence économique des matières premières sont élevées: elles sont nécessaires à la mise en œuvre de la technologie et sont difficilement substituables. La criticité permet de mesurer ces deux dimensions. Plus elle est élevée, plus le risque en matière d’approvisionnement est élevé et plus la pertinence économique est forte. Les métaux rares tels que l’indium, le platine ou le tantale, qui sont utilisés et requis dans de nombreux appareils électroniques et produits liés à l’écotechnologie constituent un exemple de telles matières premières.

Longévité, durée de vie optimale

De nombreux biens de consommation affichent aujourd’hui une courte durée de vie. Cela est fortement lié à nos modèles actuels de production et de consommation. Pour l’économie cir-culaire et une gestion modérée de nos ressources, il est donc important de prolonger la durée de vie des biens.

La durée de vie optimale d’un produit ne correspond cependant pas toujours au maximum. Ainsi, des appareils électriques «trop vieux» ne correspondent plus à l’état de la technique et ont donc, du fait de leur efficacité énergétique plus faible, un impact sur l’environnement supérieur à celui qu’ils auraient si on les remplaçait. (Voir par exemple l’étude EMPA)

Économie linéaire

Le système économique linéaire est le système dominant aujourd’hui. Basé sur le principe «take-make-waste» (prendre – fabriquer – jeter en français), il se distingue de l’économie cir-culaire par son absence de circularité. On extrait des matières premières pour fabriquer des produits qui sont vendus, consommés puis jetés (processus de production linéaire). Il s’ensuit une pénurie de matières premières, des émissions, d’importantes quantités de déchets et des nuisances environnementales associées.

Darstellung Schema lineare Wirtschaft
Darstellung Schema lineare Wirtschaft

Local versus mondial

L’économie circulaire et la création de valeur régionale / locale présentent de nombreux avan-tages par rapport au modèle largement répandu aujourd’hui de la chaîne de création de valeur mondiale.

Elles sont basées sur le principe du circuit court, au sens géographique du terme. En effet, des distances de transport plus courtes et des processus de revalorisation connus, bien établis et réalisés selon l’état de la technique, génèrent moins d’émissions. Mais cela vaut également pour la chaîne de création de valeur. Ainsi, la réutilisation doit le plus souvent primer sur la revalorisation (le recyclage). En outre, des chaînes de création de valeur plus locales sont souvent plus résilientes (ce que la situation de pandémie actuelle illustre à merveille). Cependant, cela ne veut pas dire que les chaînes mondiales existantes doivent être éliminées, mais que l’accent doit être placé sur une collaboration et des solutions collaboratives.

Recyclage mécanique

Avec les procédés de recyclage mécaniques, les fractions pures sont transformées en matières secondaires au cours de diverses étapes de processus. Dans le cas des déchets de matières plastiques collectés séparément, par exemple, cela signifie qu’ils sont lavés, déchiquetés et transformés en granulé. Ce dernier peut alors servir à fabriquer de nouveaux produits.
Lorsqu’une fraction mixte est valorisée au moyen d’une technique de recyclage mécanique, on peut en principe parler de downcycling.

Économie circulaire durable

Une économie circulaire doit être durable sur le plan non seulement écologique, mais aussi économique et social. À cet égard, il ne s’agit pas de gérer en boucle le plus grand nombre de produits possible (circularité matérielle), mais plutôt d’atteindre des objectifs écologiques de manière économiquement et socialement judicieuse.

Cela doit également se refléter dans la mesure de l’économie circulaire. Voir "Chiffres indicateurs / mesures"

Un article passionnant sur ce sujet dans La Vie économique.

Modell Kreislaufwirtschaft
Modell Kreislaufwirtschaft der ETH

Analyse du cycle de vie, bilan écologique

Une analyse du cycle de vie (ACV) est une méthode de calcul de l’atteinte à l’environnement. Il considère tout le cycle de vie du produit, depuis l’extraction des ressources et la fabrication jusqu’à l’élimination, en passant par le transport et l’utilisation. La consommation d’énergie et de matières premières ainsi que les émissions polluantes dans l’air, les eaux et les sols sont mesurées ou calculées tout au long du cycle de vie. S’ensuit une liste des atteintes à l’environnement, qui sont évaluées avant d’être additionnées. (Source: OFEV)

Open-loop / circuit ouvert

Les matières secondaires sont utilisées pour la fabrication d’un produit différent du produit original. Le PET recyclé notamment, provenant des bouteilles à boissons en PET, est réutilisé pour produire des emballages en PET pour les biscuits, par exemple. Dans la plupart des cas, il s’agit de produits dont les exigences en termes de qualité de matériau sont inférieures à celles des produits originaux. Il faut distinguer les circuits ouverts des circuits fermés.

Matières permanentes

Il s’agit de matières pouvant sans cesse être utilisées et recyclées, sans perdre leurs propriétés. Exemple: l’aluminium.

Matières premières primaires

Les matières premières primaires sont des matières premières non traitées, telles que le pé-trole brut pour la fabrication de plastique ou la fibre de bois pour la fabrication de papier.

La quantité limitée de ressources naturelles nécessite une réduction de la consommation des matières premières primaires. La substitution par des matières premières secondaires constitue une possibilité à cet égard.

“Für die Ökobilanz ist die Herstellung massgebend, der ökologische Gewinn durch die Kompostierung ist meist unbedeutend.” (BAFU 2020)

Qualité

Pour fonctionner, une économie circulaire exige des matériaux de qualité. Ce critère doit être pris en compte dès la conception du produit (voir Conception pour le recyclage / écoconception). Mais la nature de la collecte a une influence décisive sur la qualité des matières premières secondaires, qui peuvent être réutilisées en tant que matière recyclée.

Taux

Les taux sont des indicateurs quantitatifs. Indice de mesure simple, le taux permet d’effectuer des comparaisons. Mais celles-ci ne sont pas toujours judicieuses car elles peuvent être ba-sées sur des points de mesure et des méthodes de calcul différents selon les pays. D’un point de vue régulatoire, le taux est un instrument solide pour la définition de limites inférieures ain-si qu’une base pour imposer des mesures possibles.

En revanche, il ne permet pas de tirer de conclusions concernant le recyclage de haute quali-té et la réutilisation en tant que ressource secondaire.

  • Taux de collecte: part du matériau d’une fraction ou d’un déchet urbain issu de la collecte sélective. Les erreurs de tri (substances ne faisant pas partie de la fraction) sont également comptabilisées dans le taux de collecte. Le taux de collecte est souvent plus élevé que le taux de recyclage. Il ne donne aucune indication sur l’impact environnemental.
  • Taux de recyclage: part des matières premières transférées au recyclage à l’issue du tri des substances ne faisant pas partie de la fraction. Peut se rapporter à une fraction isolée ou à l’ensemble des dé-chets urbains.
  • Taux de retour dans l’industrie: potentiel effectif de valorisation matière. Ce taux correspond au rapport entre la quantité de la fraction préparée qui revient effectivement à l’état de granulé et la quantité collectée totale.

Effets rebond

Les effets rebond s’entendent comme une augmentation de la demande de ressources ou de la consommation du fait de gains d’efficacité (amélioration écologique d’un produit). Cela ex-plique pourquoi la consommation de ressources ne baisse ou pas autant que prévu lorsque l’efficacité des ressources augmente et qu’il en résulte des bilans environnementaux moins bons que prévu.

Les activités liées à l’économie circulaire peuvent ainsi induire une hausse de la consomma-tion du fait d’un accès à prix moindre (par exemple si de nombreux appareils usagés ou répa-rés sont utilisés à titre de deuxièmes appareils, aboutissant à une augmentation de l’énergie consacrée à cette utilisation).

Outre la hausse de la consommation du produit ou du service correspondant, les activités liées à l’économie circulaire peuvent également induire une augmentation de la consommation dans d’autres domaines. Par exemple «Comme je recycle, je peux continuer à voyager en avion».

Recyclage

Le recyclage est synonyme de réutilisation ou de valorisation de la matière. Il fait référence à la réintégration des déchets dans le circuit des matières. Les produits qui en résultent, appelés matières premières secondaires, sont dotés de qualités similaires à celles des matières d’origine. Le recyclage maintient l'énergie grise dans les matériaux. Ainsi, l’énergie utilisée pour obtenir la matière première à l’origine peut être réutilisée, p. ex. l’énergie nécessaire à extraire l’aluminium du bauxite ou à transformer le pétrole en plastique.

10 R's

Le modèle original des 3R (reduce, reuse, recycle) n’a cessé d’évoluer. Aujourd’hui, on parle souvent de stratégies 10R (ou 9R, selon le mode de comptabilisation) dans le contexte de l’économie circulaire. Celles-ci forment les principes clés de la mise en œuvre de l’économie circulaire:

 

Stratégies

Description

Exemples

Production et utilisation plus intelligentes

0R Refuse

Proposition superflue d’un produit du fait de la tâche associée à la fonction ou proposition de la même fonction avec un produit radicalement différent

Produits numériques au lieu de physiques 

1R Rethink

Révision complète des produits et des processus (utilisation plus intensive du produit via le partage, p. ex.)

Emballages «comestibles»

Remaniement des modèles d’affaires, p. ex. location plutôt que vente de vêtements (www.keihd.ch)

2R Reduce

Amélioration de l’efficacité dans la phase de fabrication ou d’utilisation du produit via une réduction de la consommation de ressources naturelles et de matériaux

Réduction de l’utilisation de matières premières primaires ou, pour le consommateur, baisse de la consommation de manière générale (p. ex. acheter de manière responsable pour prévenir les déchets alimentaires)

Prolongation de la durée de vie du produit et des éléments qui le composent

3R Reuse

Réutilisation par un autre consommateur d’un produit usagé qui est encore en bon état et qui remplit de nouveau sa fonction initiale ou réutilisation dans un autre but

Don ou partage de produits sur des plateformes en ligne ou entre amis et voisins (p. ex. Sharely, Pumpipumpe, etc.)

4R Repair

Réparation et maintenance d’un produit défectueux pour que celui-ci puisse être utilisé dans sa fonction initiale

Repair cafés (www.repair-cafe.ch/fr) ou, pour les entreprises, réparation du produit en tant que service (p. ex. V-Zug)

5R Refurbish

Réparation et remise en état d’un produit ancien

Rénovation de vieux meubles, p. ex. www.altrimenti.ch

6R Remanufacture

Utilisation de parties d’un produit usagé dans un nouveau produit ayant la même fonction

Remise en état de moteurs ou de machines entières

Valorisation judicieuse / circularité

7R Repurpose

Utilisation d’un produit usagé ou de parties de produit dans un nouveau produit ayant une autre fonction

Sacs Freitag fabriqués à partir de bâches de camions

8R Recycle

Préparation de matériaux pour, dans la mesure du possible, obtenir la même qualité (élevée) et les réinsérer dans le circuit des matériaux

Recyclage de déchets urbains (voir Swiss Recycling)

9R Recover

Valorisation thermique avec récupération d’énergie

Valorisation thermique d’emballages composites

Trialogue des ressources

Entre 2014 et 2017, onze acteurs (autorités, milieux politique et économique et société civile) se sont mis d’accord sur l’orientation future et durable de l’économie des ressources et des déchets suisse.

Ces principes directeurs font référence pour les défis actuels et futurs de l’économie des ressources et des déchets suisse. Les principaux objectifs sont la prévention des déchets, la circulation optimale des matières premières et l’utilisation énergétique et matérielle intelligente du déchet en tant que précieuse ressource.

La plateforme économie circulaire est fondée sur les principes du trialogue des ressources.

Plus d’informations à l’adresse www.ressourcentrialog.ch

Recyclabilité

«Un produit/un emballage traverse des processus industriels disponibles et utilisés aujourd’hui selon l’état de la technique, pour ensuite être réutilisé sous forme de matière recyclée et rem-placer la matière neuve sur un marché équivalent. Le tout sans pertes de matériaux supé-rieures à la moyenne du fait de parts non recyclables.» (Définition de la plateforme économie circulaire suisse)

Ainsi, la recyclabilité couvre le domaine de la conception de produits jusqu’à la réutilisation en tant que matériau secondaire (voir illustration ci-dessous). C’est pourquoi la recyclabilité est subdivisée en plusieurs niveaux qu’il convient de prendre en compte dans le calcul:

  • Recyclabilité matérielle des composants d’emballages: il existe un processus qui permet de remettre à neuf le matériau usagé (processus de fusion, p. ex.).
  • Recyclabilité théorique d’un produit: en sus de la recyclabilité matérielle, la recyclabilité théorique définit qu’un produit se compose d’un mélange de matériaux (à l’incl. des étiquettes, du couvercle, etc.) qui peut être recyclé. S’il s’agit d’un produit composite (emballages en plastique multicouches ou emballages multicouches composés de plusieurs matériaux), ce der-nier doit pouvoir être décomposé en ses différents matériaux, la recyclabilité matérielle s’appliquant à tous les sous-matériaux. Il convient de tenir compte de ces aspects dès la conception du produit (voir aussi Conception pour le recyclage / écoconception)
  • Recyclabilité réelle d’un produit: en sus de la recyclabilité théorique, il existe un système de recyclage et de collecte dans lequel les matériaux peuvent être transformés, dans un rayon judi-cieux sur le plan géographique, en une matière première secondaire de haute qualité. À cet égard, la matière première secondaire doit représenter plus de 70% des intrants, être de qualité supérieure (exempte de polluants et dotée de caractéristiques phy-siques équivalentes à celle du matériau primaire) et permettre une gestion locale en circuit fermé. (Voir aussi Collecte, Qualité et polluants)
Darstellung Recyclability
Darstellung Recyclability

Collecte

La Suisse mise beaucoup sur la collecte sélective. Dans la collecte sélective, les seules frac-tions collectées séparément sont celles qui peuvent être matériellement valorisées et pour lesquelles il existe l’assurance durable d’une demande de matériau recyclé. Le contraire est la collecte mixte, selon laquelle les fractions sont collectées ensemble. Ainsi, l’aluminium et la tôle d’acier peuvent être facilement collectés en mélange car ils sont facilement séparables par le biais d’un séparateur de métaux. En revanche, pour les autres fractions, ce tri ultérieur n’est plus si simple. Il s’ensuit une baisse de qualité.

La manière de réaliser la collecte représente toujours un conflit d’objectifs entre les coûts, la qualité et la satisfaction du client. (Voir Coûts de compromis, qualité, convenience)

Il est important d’éviter les erreurs de tri. Dans la collecte sélective, les erreurs de tri sont des substances qui ne font pas partie de la fraction. Elles sont le résultat de mauvaises décisions et conduisent à l’introduction de matériaux erronés au sein de la collecte. Elles augmentent le coût de la collecte sélective et polluent la matière recyclée. La manière de collecter les déchets (prévention via des points de collecte surveillés), la communication avec les citoyens (information) ainsi que les rappels et les amendes (répression) sont des contre-mesures possibles.

Diagramme de Sankey

Un diagramme de Sankey permet de représenter en un coup d’œil l’ensemble du processus, de la collecte à la valorisation. Les membres de Swiss Recycling ont défini une norme com-mune concernant la représentation des flux de matières des différentes fractions.

Vous trouverez ici un aperçu des diagrammes de Sankey pour les différentes substances valorisables: (Rapport d’activité 2019).

Polluants

Les polluants dans les produits portent atteinte à l’intérêt général, particulièrement à la santé humaine et l’environnement. La mise en circulation de produits contenant des polluants (addi-tifs) doit être évitée. Dans la mesure où de telles substances ne sont pas remplaçables (p. ex. parce qu’elles ont une fonction pare-flammes) et, partant, répondent à des buts prescrits léga-lement ou sont déjà présentes dans des matières premières primaires, des informations cor-respondantes (données relatives à la toxicité écologique et humaine) doivent être fournies a minima et des voies d’élimination des déchets doivent être envisagées. Les conditions de la valorisation sans risque d’un déchet doivent être examinées et évaluées précisément. (Source: BMU )

Substances non ajoutées intentionnellement («non-intentionally added substances», NIAS): les matériaux en contact avec des aliments («food contact materials», FCM) et les articles en contact avec des aliments («food contact articles», FCA) peuvent contenir des substances non ajoutées intentionnellement («non-intentionally added substances», NIAS), qui, dans certains cas, migrent dans les aliments. Les NIAS englobent toutes les substances présentes dans les FCM et les FCA ayant été ajoutées à des fins technologiques. Elles proviennent de diverses sources et sont subdivisées en sous-produits, produits de dégradation et contaminants. Les NIAS peuvent apparaître à tous les niveaux de la chaîne de création de valeur, p. ex. lors de la synthèse chimique de matières premières, ainsi que lors de la production, du transport et du recyclage des FCM et FCA. Ces dernières années, en raison des progrès dans l’analyse chimique et l’identification – dans certains cas inattendue – de substances dangereuses dans les FCM et FCA, les NIAS se sont trouvés au cœur de vifs débats. (Source et informations complémentaires: Food Packaging Forum)

Traitement des scories

Exploitation des matières premières secondaires. Il s’agit principalement des métaux se trouvant dans les scories des usines d’incinération des ordures ménagères.

Combustible secondaire

Matières premières secondaires

Les matières primaires secondaires désignent des matières premières qui sont récupérées par le biais d’activités liées à l’économie circulaire telles que le recyclage et qui sont utilisées comme matières premières dans la fabrication de nouveaux produits. Les matériaux sont ain-si directement réinjectés dans le processus de production.

En fonction de leurs propriétés, de la procédure technique et du coût, diverses matières premières peuvent être retraitées en tant que matières premières secondaires à des fréquences différentes. Les matières permanentes sont recyclables quasiment à l’infini, tandis que la séparation de différents composants, par exemple dans le cas d’emballages composites, n’est parfois pas intéressante sur les plans économique et écologique (consommation d’énergie considérable).

Collecte séparée (sélective)

La collecte séparée sélective signifie que les seules fractions collectées séparément sont celles qui peuvent être matériellement valorisées et pour lesquelles il existe l’assurance durable d’une demande de matériau recyclé. Le contraire est une collecte séparée mélangée dont une part élevée de matière récoltée est incinérée après avoir été triée.

Métaux rares

Métaux rares d’un point de vue géochimique. En font partie les terres rares, mais aussi d’autres métaux comme le gallium, l’indium, le niobium, le tantale, etc.

Terres rares

Font partie des métaux du groupe des terres rares les éléments chimiques de la troisième colonne du tableau périodique (à l’exception de l’actinium) et les lanthanides, soit 17 éléments en tout. Les terres rares sont considérées comme des matières premières critiques (Criticité (des matières premières) ). Elles sont aujourd’hui utilisées principalement dans des produits de haute technologie tels que des téléphones portables, écrans plats, ordinateurs portables, voitures hybrides, turbines éoliennes ou systèmes d’armement modernes.

Déchets urbains

Les déchets urbains sont les déchets issus des ménages ainsi que ceux des entreprises occupant moins de 250 personnes à plein temps, dont la composition et les quantités sont comparables aux déchets des ménages.

Single Stream

Collecte mélangée de différentes matières valorisables. Une tendance essentiellement présente aux Etats-Unis.

Valorisation de la matière

Principe de subsidiarité

Selon ce principe, les instances ou unités supérieures ne peuvent intervenir que lorsque les instances inférieures ne sont pas en mesure de le faire. Une tâche doit donc être assumée par la plus petite unité responsable. Exemple: le Design for Recycling ne doit pas être imposé par l’Etat, mais mieux initié et réalisé par les fabricants de produits. Ou alors, une solution pour l’ensemble du secteur doit être trouvée.

Suffisance

  

La suffisance a pour objectif de réduire sa consommation d’énergie et de ressources via des changements de comportement dans la vie quotidienne et de nouvelles formes d’organisation innovantes. L’accent est souvent placé ici sur le comportement des consommateurs (plus modéré, plus lent, plus régional, etc.). À cet égard, il ne s’agit pas d’un renoncement complet, mais d’une gestion mesurée et responsable des ressources. En sus de la gestion en circuit fermé, la taille du circuit est elle aussi pertinente dans une optique de durabilité. À cet égard, il y a lieu de privilégier des circuits plus courts et plus locaux.

 

Traitement thermique

Le traitement des déchets à des températures suffisamment élevées pour détruire les substances dangereuses pour l'environnement ou les lier physiquement ou chimiquement par minéralisation (cf. art. 3, al. l. OLED).

Valorisation thermique

La chaleur occasionnée par l’incinération des déchets dans les usines d’incinération des ordures ménagères en Suisse est soit utilisée directement (pour le chauffage) ou transformée en énergie, pour produire de l’électricité. Cette production d’énergie est appelée «traitement thermique».

Coûts de compromis, qualité, convenience

Sur la question de l’optimum de la collecte sélective, il existe un compromis entre différentes valeurs cibles: qualité/bénéfice environnemental, coûts/financement et satisfaction du client (convenience).

La recyclabilité (et partant, une conception pour le recyclage correspondante) ainsi qu’une collecte la plus sélective possible nécessitent une qualité optimale de la collecte et de la ma-tière recyclée qui en résulte.

Dans ce contexte, il convient néanmoins d’évaluer quels coûts sont économiquement judi-cieux pour en déduire des conclusions sur l’efficacité du type de collecte.

À cet égard, la convenience implique que celle-ci soit mise en œuvre le plus simplement pos-sible. Concrètement, la collecte peut s’effectuer dans le cadre d’un «Single Stream» (collecte mélangée de différentes substances valorisables), le consommateur ayant du mal à faire la différence entre les fractions (appareils électriques divers, p. ex.).

Le projet «Collecte 2025» tient compte de ces compromis et répond aux questions de ce qui peut être collecté sur le territoire national, comment, où, pour quel bénéfice et à quels coûts pour mieux fermer les circuits.

Up-Cycling*

Ce processus permet de tirer un produit d’un autre, dont les caractéristiques sont meilleures que celles du premier. L’amélioration peut porter sur la qualité matérielle ou technique ou sur la valeur monétaire du produit. (Down-Cycling)

*En raison des divers points de vue possibles, Swiss Recycling déconseille d’utiliser les notions d’upcycling et de downcycling. Si ces termes sont tout de même employés, il est nécessaire de préciser à quoi fait référence l’upcycling ou le downcycling.

Urban Mining

L’urban mining («exploitation des mines urbaines» en français) englobe l’identification, la quantification ainsi que les considérations techniques et économiques concernant la prépara-tion des réserves locales de matières premières. Dans ce contexte, la ville (ou l’espace ur-bain) sert de gisement de matières premières les plus diverses, que ce soit sous la forme de bâtiments, de véhicules, d’infrastructures, d’objets usuels et de déchets qui sont liés depuis des périodes variées.

L’économie des déchets urbains et le recyclage ne constituent qu’une petite partie de l’urban mining. La récupération de matières premières issues de bâtiments, par exemple, recèle un important potentiel.

Composites (emballages composites)

Les composites sont des matériaux constitués d’au moins deux matières différentes, entièrement liées l’une à l’autre, au point qu’il est impossible de les séparer (à la main). Un exemple typique est la brique à boisson, composée de carton, de plastique (polyéthylène) et d’aluminium.

Compatibilité

Il s’agit de savoir dans quelle mesure les fractions collectées ensemble sont compatibles entre elles. La collecte mixte a des effets sur la qualité (p. ex. part des matières tierces dans la matière secondaire) et la quantité (pertes dues au tri).

Emballage

Les emballages possèdent de nombreuses fonctions: protection, stockage, chargement et transport, information et dosage.

Lorsqu’un emballage ne remplit plus ces fonctions (p. ex. parce que le produit emballé est usagé), il doit être éliminé, réutilisé ou recyclé en conséquence.

Pour une évaluation écologique complète des emballages, l’intégralité du cycle de vie (circuit des matériaux, utilisation et valorisation) doit être prise en compte. La fonction de protection dans la phase d’utilisation, en particulier (p. ex. réduction des déchets alimentaires, préven-tion des défauts de produits) est, dans de nombreux cas, l’aspect le plus important dans un bilan écologique. En outre, l’emballage et le produit emballé doivent s’entendre comme un système global et tous les impacts environnementaux pertinents doivent être pris en compte.

Idéalement, les solutions d’emballage doivent allier excellente protection du produit, efficacité élevée des matériaux et bonne recyclabilité. Cependant, il existe souvent des conflits d’objectifs dans ce domaine, dont il convient de tenir compte dès la conception et le développement du produit.

Principe de causalité / principe du pollueur-payeur

Selon ce principe, les coûts occasionnés sont imputés à celui qui en est à l’origine. Concernant l’élimination des déchets urbains, cela signifie que les coûts imputés dépendent du volume ou du poids des déchets (taxe au sac ou frais lors de l’élimination dans une UIOM).
Le financement de l’élimination des déchets urbains selon le principe de cau-salité crée des incitations à éviter et à valoriser les ordures.

Taxe d’élimination anticipée (TEA)

Taxe dont s’acquitte le consommateur au moment de l’achat d’un produit, permettant par la suite de financer sa collecte séparée et son élimination adéquate. La TEA est une mesure imposée par l’Etat et porte sur le verre et les piles.

Contribution de recyclage anticipée (CRA)

Contribution dont s’acquitte le consommateur au moment de l’achat d’un produit, permettant par la suite de financer sa collecte séparée et son recyclage adéquat. La CRA est réglée sur une base privée et porte sur les emballages à boissons en PET ainsi que sur les emballages en aluminium et en tôle d’acier.

Taxe anticipée de recyclage (TAR)

Taxe dont s’acquitte le consommateur au moment de l’achat d’un produit, permettant par la suite de financer sa collecte séparée et son recyclage adéquat. La TAR est réglée sur une base privée et porte sur les appareils électriques et électroniques, ainsi que sur les lampes et les ampoules.

Récupération

Utilisation dans d’autres produits ou une autre fonction. Dans ce cas, le bocal à confiture est utilisé comme vase.

Réutilisation

Nouvelle utilisation, que ce soit dans un même produit ou une même fonction. C’est par exemple le cas lorsqu’un bocal à confiture vide est à nouveau rempli de confiture.

Valorisation

Suppression de la forme du produit, récupération des matériaux pour le même produit. Ici, le bocal à confiture est recyclé, ce qui permet d’en produire un nouveau.

Transformation

Suppression de la forme du produit, récupération des matériaux pour d’autres produits. Dans ce cas, le bocal à confiture est recyclé, ce qui permet de produire du matériel d’isolation.

Société du tout-jetable

L’économie actuelle est marquée par une abondance de biens de consommation qui, au terme de leur cycle de vie, sont jetés. Cette société du tout-jetable se distingue par le credo «prendre – fabriquer – jeter»: on extrait des matières premières pour fabriquer des produits qui sont vendus, consommés puis jetés (processus de production linéaire).

Voir aussi Économie linéaire

Conflits d’objectifs

Définition: il existe un conflit d’objectifs lorsque deux objectifs ou plus ne peuvent pas être atteints dans leur intégralité.

Dans l’économie circulaire, il s’agit de viser un optimum plutôt qu’un maximum. Il en résulte des tensions, par exemple entre les Coûts de compromis, qualité, convenience ou entre l’efficacité des matériaux et la recyclabilité. Au sens de l’économie circulaire, ce n’est pas toujours la réduction de la quantité de matériau qui importe, mais le caractère adéquat de ce dernier. Il existe également des conflits d’objectifs entre l’économie circulaire et les trois di-mensions de la durabilité (environnement, société et économie). Ainsi, les circuits fermés ne valent pas toujours mieux que les circuits ouverts ou la valorisation thermique est dans cer-tains cas à privilégier par rapport à la valorisation matière (voir polluants).

Pour identifier tous ces conflits d’objectifs dans leur globalité, des indicateurs correspondants sont nécessaires. Par conséquent, le système d’indicateurs / tableau de bord prospectif 2030 représente l’économie des déchets urbains et des matières premières de Suisse dans son ensemble et tient compte des aspects écologiques, économiques et sociaux dans leurs relations mutuelles.